AG Danse Orientale

Le raqs sharqi, danse classique égyptienne

Raqs al sharqi, ou l'art de la danse classique orientale

Ann-Gaëlle en tenue Sharqi

Ce style de danse orientale est à l'opposé des folklores. Il existe grâce au spectacle et pour le spectacle. On le reconnaît par sa gestuelle aérienne et gracieuse, notamment au niveau des bras et du buste, ainsi que par ses nombreux déplacements et tours. La technique d'isolation est particulièrement importante, puisqu'on cherche à exécuter le mouvement le plus sophistiqué possible. L'interprétation peut révéler toute une palette d'émotions, selon la musique choisie.

En plus des instruments habituels, le sharki est riche d'instruments à cordes. On appelle "taht" l'orchestre classique égyptien.

La danseuse est vêtue d'un costume deux pièces, composé au minimum d'un soutien-gorge et d'une jupe ornés d'une multitude de perles et de paillettes. La sobriété n'est pas de mise ! Des manches ou manchons, avec ou sans voile, ainsi que des accessoires comme le voile, peuvent compléter le costume sharki.

Badia Masabni, le début du raqs sharqi

Badia Masabni, danseuse et actrice d'origine libanaise et installée au Caire au début du vingtième siècle, a créé en 1926 un cabaret extrêmement réputé et fréquenté : l'Opéra Casino (cf article sur l'histoire de la danse orientale). Badia Masabni forma des danseuses telles que Samia Gamal et Tahiya Carioca à l'art du raqs sharqi. En plus des déhanchements et ondulations propres à la danse orientale, elle leur demanda d'enrichir leur danse avec de nouveaux éléments, inspirés des danses jazzy latino-américaines et à la danse classique : des déplacements pour utiliser l'ensemble de l'espace scénique, l'utilisation du voile comme accessoire pour que la danse puisse être visible même de loin, ou encore la création de chorégraphies pour exploiter mieux qu'en improvisation les musiques jouées par l'orchestre. L'objectif était de toucher un public plus large que seulement la haute société Cairote, à savoir un public national et international. C'est là que la danse orientale devient un art à part entière, élaboré et évolutif.

La vidéo ci-dessus est une prestation de l'élégante Ciya, danseuse française, qui propose ici un sharqi en musique vivante avec le taht visible derrière elle.