AG Danse Orientale

L'Histoire de la danse orientale égyptienne

La danse orientale est aujourd'hui connue et pratiquée dans le monde entier. C'est à l'Égypte que l'on doit cette danse, mais, ironie du sort, elle y est à l'heure actuelle très bridée, et ses artistes sont plus actifs à l'international qu'à l'intérieur de leur propre pays ! Comment cette danse venue de l'Orient est-elle arrivée jusqu'à nous ?

L'âge d'or du cinéma égyptien

Samia Gamal et Fernadel sur le tournage d'Ali Baba et les quarantes voleurs

C'est surtout au cinéma égyptien que l'on doit la popularisation de la danse orientale au-delà des frontières de l'Égypte. Des années 30 aux années 50, la production cinématrographique vit une période faste, qualifiée d'ailleurs d'âge d'Or du cinéma Egyptien. Il s'agissait de comédies musciales dans lesquelles l'actrice principale jouait et dansait. En France, on se souvient du film Ali Baba et les quarantes voleurs avec Fernandel aux côtés de la sublime danseuse et actrice Samia Gamal.

Badia Masabni et les cabarets égyptiens

Ces danseuses-actrices, telles que Samial Gamal, ou encore Tahiya Carioca et Neima Akef pour les plus connues, ont débuté leurs carrières au début du 20è siècle en tant que danseuses dans des cabarets night-club, notamment le célèbre cabaret de Badia Masabni : l'Opera Casino. Badia Masabni a fait travaillé à ses danseuses non seulement la danse orientale, mais aussi la danse classique des ballets russes, et les danses jazz et latino-américaine. La danse orientale s'ouvre alors à de nouveaux éléments techniques tels que les tours et ports de bras, la manipulation du voile. L'espace est utilisé de façon plus sophistiquée : déplacements sur scène, mise en avant d'une danseuse soliste entourée d'un chorus de danseuses à l'arrière plan. C'est dans ce cabaret et dans les films de l'époque que la danse orientale est pour la première fois chorégraphiée : Dans les cabarets, en vue d'attirer une clientèle occidentale en leur présentant un chorus de danseuses sur le modèle des revues américaines; dans les films pour que la soliste soit placée de façon stratégique par rapport à la caméra. A mes yeux, c'est à cet instant qu'apparaît concrètement le "raqs sharqi" (danse classique orientale).

Mahmoud Reda et les autres maîtres de la danse égyptienne

Mahmoud Reda et Farida Fahmy

Mahmoud Reda et d'autres danseurs égyptiens reconnus ont ensuite pris le relais du développement mondial de la danse égyptienne. A partir des années 60, la production cinématographique diminue, et les danseuses issues de la période de l'âge d'Or laissent peu à peu place à leurs héritières, qui contribuent à faire évoluer cet art : Azza Sherif, Nagwa Fouad, Lucy, Mona Saïd, Fifi Abdou pour les plus connues. M. Mahmoud Reda, athlète gymnaste, a été bercé par la musique égyptienne et formé aux danses latino-américaines par son frère Ali Reda.

La troupe égyptienne folklorique Reda

En 1959, il décida de créer un groupe de danses folkloriques égyptiennes, dont son frère Ali Reda pris la direction, avec le musicien Ali Ismail comme composeur principal et la danseuse Farida Fahmy comme danseuse majeure. Il commença par voyager à travers l'Egypte pour observer avec précision les danses locales de chaque ville (musique, costume, mouvements) puis proposa une mise en scène de ces danses traditionnelles locales avec la "troupe folklorique égyptienne Reda". En 1961, le gouvernement égyptien souhaite valoriser la danse orientale égyptienne dans ke monde entier, et Farida Fahmy, fille de ministre est la danseuse principale de la troupe de M.Reda. Le gouvernement demande alors à Mahmoud Reda de créer une compagnie nationale, ce qu'il fit, avec de véritables chorégraphies théâtralisées, créées à partir de son travail préalable d'observation des différents folklores.

L'héritage de l'histoire

Mahmoud Reda

Le travail de Mahmoud Reda a eu un fort impact sur la danse orientale d'aujourd'hui, car les danseurs de sa troupe, hommes et femmes, ont transmis et transmettent encore les danses orientales égyptiennes, classique et folkloriques. De façon plus consciente, son oeuvre sert de référence aux artistes actuels soucieux de perpétuer une danse orientale authentique, respectueuse de la culture et de la tradition égyptienne. Je vous invite à faire connaissance avec l'oeuvre de Mahmoud Reda, ses héritiers, ainsi qu'avec les artistes actuels de la danse orientale. Les styles de danse orientale égyptienne sont nombreux et riches, permettant l'expression des émotions et des cultures locales. Mais quels sont ces différents styles et comment les reconnait-on ? Quelles sont les caractériques de leurs musique, costume et danse ?

Merci à Raphaëlle pour son apport culturel et historique très riche, ainsi que pour sa relecture ! Je recommande vivement des cours et stages.